Editorial, Colette Valat


La langue n’est pas un bagage.

            Pas de pré-requis.

Pas d’accumulation nécessaire pour produire.

Pas de lacunes. Pas de niveaux.

Pas de différence de nature entre langue étrangère et langue maternelle.

            La langue est une pratique.

            Alors pourquoi continuer de faire semblant, en classe, semblant de parler, semblant d’écrire, semblant de faire ?

            La langue est une pratique de sujet.

            Le sujet n’est pas réductible à son appartenance sociale, ni à ses savoirs, ni à ses contradictions.

Le sujet n’est pas réductible.

            Alors pourquoi continuer à s’intéresse aux motivations, aux familles, à la “personnalité” des élèves, si c’est pour corriger, normaliser, censurer, entraver les processus d’apprentissage, de production?

            Les savoirs, en langue, ce sont des savoirs sur la langue, sur le sujet, sur le rapport du sujet à la langue.

Langue, sujet, savoir, trois pôles de la bataille d’idées du Secteur Langue(s) du GFEN, parce qu’il se bat contre les fatalités des échecs, les aliénations qui rapetissent l’homme.