La Rochelle 85 : Rampe de lancement…


Au cours de ces trois jours pendant les vacances de Pâques nous nous sommes rencontrés pour vivre 9 démarches qui nous ont permis de mettre en évidence le rôle central de la langue à travers des approches aussi variées que la maîtrise de l’histoire, la physique, les langues vivantes, le français…

Chacune de ces démarches a été l’occasion d’interpeller les certitudes de notre pratique dans l’institution scolaire, de remettre en question les a priori de l’institution, de façon claire, d’autant plus claire et constructive qu’il avait été convenu d’une formulation de nos réflexions sous forme d’affiches à la fin de chaque atelier.

• L’élève, à quelque niveau que ce soit, est-il le “terrain vierge” que l’enseignant veut voir en lui, à qui l’on doit tout apprendre puisqu’il ne sait rien ?
• comment expliquer la perte de motivation générale face à l’acquisition de savoirs d’élèves à l’origine curieux, actifs, questionneurs ? Serait-ce lié à des pratiques telles que…
…l’obligation constante de trouver le sens imposé par le maître au lieu de faire du sens dans une perspective de découverte et d’affirmation de soi…
…le passage par les pseudo “situations réalistes” comme seule expression de la nature sociale de la langue alors que le seul réel à explorer est la confrontation avec la langue elle-même…
..l’apprentissage de l’oral en langues vivantes par l’écoute-répétition préalable… ?

– devons-nous nous résigner à la seule évaluation de l’échec ? |

• la description du réel se fait-elle par l’intermédiaire d’une langue-outil réellement objective et neutre ?

Tous ces questionnements ont permis une reconstruction de nos a priori autour de réflexions sur :

– La langue comme lieu de prise de pouvoirs.

…la notion de vérité historique est-elle valide par rapport à celle d’a priori analytique ? Question qui a été discutée au cours de la démarche sur le 6 Février 34.
«la place capitale qui doit être faite à l’imaginaire de l’apprenant a été mise en lumière par des ateliers d’écriture, “Tabou(che)”, de langue, “La Gitana” (en espagnol), “Chansons”, “Accents tu es, Accents tu seras”.

…les notions d’autre et de moi dans l’appropriation d’une langue, dans la construction d’une identité en se mettant en scène à travers divers personnages sont également apparues à l’occasion de ces ateliers.
..là réalité d’une communication dans la classe de langue par opposition à un processus d’affirmation de la personnalité de l’étudiant a elle aussi été remise en question.
— Ces mêmes démarches ont également permis d’explorer les chemins de cette prise de pouvoir en mettant en valeur la place qui doit être faite aux pré-savoirs, à l’intuition, à la mise en recherche, aux situations de blocage individuel résolues au sein du groupe (comme dans la “Lecture en Polonais”, “Quel temps fais-tu ?”, “La Gitana’).
– Une dernière notion a également surgi au premier plan lors des dernières démarches, comme avec les “États de la Matière”, “Explolangue”, celle du choc de la nouveauté, de son caractère déséquilibrant, et reconstructeur au cours de sa conceptualisation et de son intégration dans un système de connaissance.

Tous ces questionnements, souvent conflictuels, ont été vécus par les stagiaires comme conditions incontournables de la prise de parole, de l’action dans et sur la langue.

Langue et Savoir, Langue et Science,
Langue et Identité, Langue et Idéologie,
Langue et Sujet Social.
Consensus, connivence, prise de pouvoir et bataille d’idées,
Consensus, connivence, norme…

… Ces problématiques constituent l’épine dorsale de l’action et de la recherche du Secteur, et donc des projets nés au cours de la dernière demi-journée du stage :

1) Information aux absents.
2) Formulations en vue des Universités d’Eté. (à suivre)
3) Dialangues, revue nationale du Secteur.
4) Lancement d’équipes de recherche sur des projets concrets devant aboutir à publication :

– analyse et création de situations de production orale en langue étrangère : Claudine Auriault (Poitiers), Christiane Mornettas (Reims), Annick Janoir (Region Parisienne). Une réunion s’est d’ores et déjà tenue à Ivry le 25 Mai.

– La langue étrangère en 6ème et 5ème comme occasion de se reconstruire des stratégies de lecture : Serge Le Guen (Bretagne).

– Stages locaux. |
5) Une publication post-Universités d’Eté 85.
6) Stage National Langue(s) Pâques 86, probablement à Damian, région Rhône-Alpes.

Pierre Valat