Pour une Éducation Nouvelle multilingue en Afrique et en Europe !


Oui, c'est moi, John, qui suis au premier plan de la photo, avec la représentante de l'ONU Taibajuka, ministre mwira de l'éducation du Kenya. C'était la Conférence des Nations Unies "Les langues, ça compte". Le GKEN a été signataire du lancement de la formation d'interprètes et de traducteurs. Le GKEN et l'ACALAN représentaient la partie langues maternelles. La surprise a été créée par la présentation d'une parodie en Luhya, où tout le monde s'est précipité sur ses écouteurs pour avoir la traduction, et là nous leur avons dit le besoin que les Nations-Unies fassent entrer des représentants des langues maternelles dans leurs instances et dans la globalisation. Il n'y a aucune langue d'Afrique parmi les langues officielles de l'ONU, avec un continent africain de près de 4 milliards d'habitant

Una Europa di poliglotti non è una Europa di persone che parlano correntemente molte lingue, ma nel migliore dei casi di persone che possono incontrarsi parlando ciascuno la propria lingua e intendendo quella dell’altro, che pure non saprebbero parlare in modo fluente, e intendendola, sia pure a fatica, intendessero il « genio », l’universo culturale che ciascuno esprime parlando la lingua dei propri avi e della propria tradizione.
Umberto Eco, La ricerca della lingua perfetta, éd. Laterza Fare l’Europa, 1993.

La question des langues et du plurilinguisme des sociétés contemporaines, longtemps confinée dans des milieux restreints, commence à émerger de manière beaucoup plus publique, à l’échelle des pays, de la planète et de chacun des continents. Un forum de l’ONU à Nairobi sur la traduction entre langues d’Afrique, “languages matter” (photo), une pétition européenne, “ plus d’une langue“, des recherches en didactique de l’intercompréhension entre langues romanes ou apparentées, une journée entière d’Arte consacrée à “ces langues qui disparaissent”, pour n’en citer que quelques-uns, sont autant d’indices de dé-sectorisation des luttes linguistiques, et de leur appropriation par les Institutions culturelles au-delà des milieux militants qui les portent. Le dialogue interculturel, depuis longtemps objet de travail pour l’éducation et pour le politique, commence à intégrer la dimension des langues, jusque là laissée aux pédagogues, eux-mêmes traditionnellement spécialisés sur des apprentissages et des enseignements monolingues parfois juxtaposés. “Faut-il enseigner telle ou telle langue ?” devient “faut-il enseigner le plurilinguisme, l’intercompréhension, la polyglossie ?” La recherche épistémologique de l’Éducation Nouvelle, son travail collectif sur les ateliers et démarches de création, sa démarche d’auto-socio-construction des savoirs, dessinent une compréhension des logiques d’apprentissage qui ouvre aux tenants d’une éducation multilingue des possibilités insoupçonnables dans la plupart des pédagogies connues. Réciproquement, la prise en compte “pour de bon” par les Mouvements d’Éducation Nouvelle du projet politique de l’éducation multilingue bouscule les interprétations réductrices des enseignements de la démarche, et apporte des éclairages féconds sur ses pouvoirs de transformation. C’est ce que l’expérience des Labos de Babel montre et la connaissance qu’ils tentent de donner en partage.