Explolangue-à l’aventure dans l’univers du langage


Une démarche pour avancer, seul ou à plusieurs…

Dialangues n°6-7, février-mai 1987 l’équipe de Dialangues

Soyez Explo, votre propre héros, et partez à l’aventure dans l’univers du langage.
Quelques textes (parmi tant d’autres possibles) balisent un paysage conceptuel dont la cartographie définitive reste à inventer.
Choisissez vos directions ; les itinéraires possibles sont multiples, et le ticket d’entrée autorise plusieurs visites. Ne vous étonnez pas d’être étonné (e) : à vaincre sans péril, etc.

Vous commencez par le texte A.

P (comme post-scriptum) Après le jeu.

Choisissez un texte parmi les dix proposés. Écrivez en réponse, en écho à ce texte ou à un passage de ce texte, entre trois lignes et dix pages de vos réactions, souvenirs, impressions, expériences. Envoyez-les à la revue (au site).

Nous avons choisi, pour cette exploration du concept de langue, de mettre à contribution des praticiens de la langue qui ne soient pas des enseignants. Apprendre une langue, c’est apprendre à maîtriser un système de contraintes. Or, ces contraintes, il est difficile de ne pas les confondre, au travers de la présentation qu’en font nos manuels, nos programmes, nos inspecteurs, avec les
contraintes de l’institution scolaire elle-même, et de ses valeurs de référence. Faire la part des unes et des autres permet d’avancer d’un grand pas dans la voie de la maîtrise de nos conditions de travail !

Nos auteurs sont donc poètes, linguistes, écrivains, pas profs de langue(s).

Ils ne sont pas non plus nécessairement théoriciens. Car les textes que nous avons choisis n’ont pas la prétention de faire le tour par eux-mêmes et de manière exhaustive du débat contemporain sur le langage (d’ailleurs qui est le pourrait ?). Ils n’ont pas non plus été choisis de manière à initier le lecteur à une théorie toute faite qui serait celle de la revue, et que nous voudrions faire découvrir ou réinventer par l’intermédiaire d’un habile agencement de documents complémentaires. Témoignages, textes de fiction, textes théoriques ont été choisis pour leur force de contestation des idées reçues qui sous-tendent la plupart des pratiques d’enseignement en langues.

Comme les auteurs de nos textes, chacun de nous est porteur d’une expérience et d’une authentique pratique de langue. C’est finalement un retour critique sur cette pratique qui est visé, les points de vue rencontrés dans la démarche jouant le rôle de révélateurs. Au terme du parcours, deux questions :
1- Avons-nous trouvé dans l’un ou l’autre de ces textes l’écho d’une expérience, d’une préoccupation personnelles ? Sonnent-ils « vrai » pour nous ?
2- Les réalités de la langue ainsi mises à jour, que deviennent-elles dans notre travail d’enseignants, d’éducateurs ? Qu’en faisons-nous ?

Suggestions d’exploitation en groupe :

Le dispositif présenté dans la revue est une tentative pour réinventer l’enseignement par correspondance à la manière de l’éducation nouvelle ! (Dialangues, la première revue vraiment interactive…) Mais nous avons par le passé plusieurs fois utilisé cette série de textes dans des stages, des week-ends ou des universités d’été du GFEN. C’est évidemment dans le cadre de telles rencontres que les recherches sont les plus fructueuses, quand au miroir des textes s’ajoute celui des co-stagiaires et du groupe dans son ensemble.

– Jeu de rôles : Un groupe par texte prépare une réunion institutionnelle convoquée par les inspecteurs (Ceux qui ont reçu les Instructions Officielles) et au cours de laquelle il devra défendre le point de vue exprimé dans son texte. La réunion a pour but de préparer une nouvelle mouture des I.O. Chaque groupe délègue un acteur, sauf celui des inspecteurs qui en délègue deux ou trois.

– Ou bien : toute forme de travail (en petit puis en grand groupe) qui organise la rencontre des textes en apparence les plus éloignés pour provoquer des chocs, des surprises, des étonnements, et donc des relectures. L’essentiel, c’est d’amener à un éclatement des consensus, sans lequel aucune théorisation n’est possible.

Dans tous les cas, conclure la démarche par un moment de discussion générale qui ramène au seul enjeu valable de la séance : quel rapport, quels points communs, quel hiatus entre mes pratiques langagières personnelles et mes pratiques d’enseignant, d’éducateur ? Quelles révisions, quelles pistes s’imposent ? Quels projets de travail ?

D’où viennent les textes ?

A : Instructions Officielles (anglais), avril 1977
B : H. Besse, Polémique en didactique, CLE International
C : Jacques Rancière, Le maître ignorant, Fayard
D : B.L. Worf, « Language and Logic », in Language, Thought and Reality
E: F. Gaudin, Cahiers pédagogiques, numéro 16.
F : Michel Tournier, Vendredi ou les limbes du Pacifique, Gallimard.
G : Albert Cohen, Belle du Seigneur, Gallimard.
H : Jean-Louis Curtis, Questions à la littérature.
I : François Cavanna, Les Ritals, Belfond.
J : Michael Bakhtine, Esthétique et théorie du roman, Gallimard.